Belles conditions 2026 pour les giboulées de Lyrides d’avril !

Cet article est issu du site du programme Vigie-Ciel : https://www.vigie-ciel.org/2026/04/21/belles-conditions-2026-pour-les-giboulees-de-lyrides-davril/

Bien que n’étant actuellement ni la pluie la plus connue, ni la plus active de l’année, la pluie météorique des Lyrides a marqué l’histoire de l’observation des étoiles filantes, puisqu’elle fut l’une des premières à être remarquée et rapportée par l’homme en l’an -687 ! Et cette année est propice à leur observation : les conditions seront optimales, la Nouvelle Lune du 17 laissant des cieux bien noirs pour profiter de ce retour des météores dans le ciel printanier qui permet de briser une période de maigre activité qui dure depuis début janvier.

Des sursauts de Lyrides… tous les 60 ans !

La pluie météorique des Lyrides (LYR) est associée à la comète C/1861 G1 (Thatcher), découverte, comme son matricule l’indique, en 1861, et qui ne devrait pas nous rendre visite avant… 2276 ! Cependant, à chacun de ces passages passés à proximité du Soleil (tous les 415 ans environ), la comète a libéré sur son orbite une nuée de particules, les météoroïdes, que notre planète traverse tous les ans du 14 au 30 avril. Ce sont ces poussières cométaires qui donnent naissance à la pluie de météores des Lyrides. C’est une intense activité de cette source d’étoiles filantes en 1863 (deux ans après le passage de la comète C/1861 G1 (Thatcher)) qui a mis la puce à l’oreille des astronomes de l’époque quant à la relation entre les deux. Or, 60 ans plus tôt, en 1803, un autre sursaut d’activité avait été observé. Ce fut également le cas 60 ans plus tard, en 1922. Puis de nouveau en 1982, date du dernier sursaut d’activité enregistré, pendant lequel le ZHR des Lyrides a atteint 90, au lieu des 18 habituels, soit une activité multipliée par 5 ! Un rapide calcul devrait vous convaincre que 2021 n’est pas une année pour laquelle une activité exceptionnelle est prévue. Mais il est également possible que d’autres cycles se superposent à ce cycle principal, avec des périodes de 12 ou 20 ans. C’est pourquoi il vaut mieux garder un œil sur cette pluie météorique lorsque les conditions le permettent !

Les météoroïdes qui donnent naissance à la pluie d’étoiles filantes des Lyrides se sont échappées du noyau de la comète C/1861 G1 (Thatcher), dont la période est d’environ 415 ans. Crédit image : MeteorShowers.org

De bonnes conditions d’observation en 2026

Comme le nom de la pluie l’indique presque, le radiant des Lyrides est localisé… dans la constellation voisine d’Hercule, à la frontière avec celle de la Lyre. Cette célèbre constellation de l’été (son étoile la plus brillante, Véga, fait partie du célèbre « Triangle de l’Été ») se lève en début de nuit, mais n’atteint une élévation utile qu’à partir de minuit environ (heure locale). Pour observer les Lyrides, la deuxième moitié de nuit est donc idéale, les taux horaires étant maximaux en fin de nuit, lorsque le radiant passe au méridien (il est alors très proche du zénith). Cette année, la Lune est nouvelle le 17 avril : le fin croissant qui est de retour dans le ciel du soir se couche avant même que le radiant de la pluie météorique n’atteigne une élévation utile. La cuvée 2026 de Lyrides va donc se dérouler dans des conditions optimales d’observation, ce qui est une bonne raison pour en profiter !

Position du radiant des Lyrides, du 15 au 25 avril. Le nom de cette pluie de météores est associé à la constellation de la Lyre, située non loin de la position du radiant, qui est en réalité dans la constellation voisine d’Hercule. Crédit image : International Meteor Organization

D’après, l’International Meteor Organization (IMO) le maximum d’activité pourrait avoir lieu le 22 avril, entre 16h40 TU et le 23, 00h TU, avec un maximum « idéal » vers 19h40 TU. Si le maximum a lieu a cet horaire « idéal », alors le ZHR devrait alors être maximum, et plutôt proche de 20-23. Il sera d’autant plus faible que le pic aura lieu avant ou après cet horaire. Pour les observateurs en France métropolitaine, la nuit du 22 au 23 avril est donc la plus favorable, car même si le maximum idéal est prévu en début de soirée, la période pendant laquelle il peut avoir lieu commence n’est pas terminé quand le radiant atteint une élévation utile cette nuit-là.

Pour observer les Lyrides, nul besoin de matériel sophistiqué : une chaise longue ou un matelas de sol, un duvet, des vêtements chauds et une paire d’yeux suffisent ! Installez-vous le plus confortablement possible, puis levez les yeux vers le ciel. Les Lyrides, même si elles semblent provenir, par effet de perspective, de leur radiant, peuvent apparaître n’importe où dans le ciel, et seront d’autant plus rapides qu’elles seront éloignées du radiant et de l’horizon. Pour espérer collecter le maximum d’entre elles, l’idéal est de centrer son champ de vision vers la constellation du Bouvier. Les poussières qui donnent naissance à ces étoiles filantes rentrent dans l’atmosphère terrestre à des vitesses d’environ 49 km/s, ce qui en feront des météores relativement rapides, sauf s’ils sont observés proches du radiant ou de l’horizon.

Une fois installé, vous n’aurez plus qu’à attendre, et si vous êtes concentrés, vous devriez observer entre 5 et 10 Lyrides par heure en fin de nuit du 22 au 23 avril. De quoi égayer les nuits de printemps, et réaliser quelques vœux printaniers pour ce début d’année !

Liens

Lexique

  • une pluie d’étoiles filantes est l’ensemble des météores associés à un nuage de météoroïdes issus d’une même source (comète ou astéroïde)
  • une comète est un objet constitué de roches et de glaces généralement localisé aux confins du Système solaire, mais qui peut se rapprocher périodiquement du Soleil. En s’en rapprochant, les glaces de la surface du noyau se subliment, entraînant avec elles les poussières qu’elles contiennent. Ce qui donne naissance aux queues de gaz et de poussières caractéristiques de ces objets.
  • un météore (ou étoile filante) est le trait lumineux observé lorsqu’une poussière interplanétaire ou un petit météoroïde pénètre dans l’atmosphère terrestre à très grande vitesse (entre 12 et 72 km/s)
  • un météoroïde est une petite particule de quelques millimètres à quelques dizaines de centimètres de diamètre qui se déplace dans l’espace. C’est elle qui donne naissance au météore si elle a la chance de pénétrer dans l’atmosphère de la Terre. Si le météoroïde est suffisamment massif, une partie de l’objet peut résister à cette entrée dans l’atmosphère, et donner naissance à une météorite.
  • une météorite est le caillou rocheux ou métallique qui est retrouvé sur terre, lorsqu’une partie d’un météoroïde suffisamment massif a réussi à traverser l’atmosphère et arriver au sol.
  • le radiant d’une pluie d’étoiles filantes est le point de la voûte céleste d’où semble provenir, par effet de perspective, les météores issus d’une même pluie.
  • le ZHR (Zenithal Hourly Rate, ou Taux Horaire Zénithal) est le nombre de météores que pourrait observer un individu dans des conditions d’observations parfaites : ciel bien noir et radiant localisé au zénith.

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