Une comète de perdue, une de retrouvée !

Nombre d’astronomes attendaient avec impatience la comète C/2019 Y4 (ATLAS), qui promettait d’être la “comète de la décennie”. Las. Sa fragmentation il y a quelques semaines a réduit les espoirs des astronomes à néant. Mais c’était sans compter sur une nouvelle découverte : C/2020 F8 (SWAN) découverte il y a à peine plus d’un peu plus d’un mois, a déjà atteint la limite de visibilité à l’œil nu… et qui devrait faire son apparition dans quelques jours pour les observateurs de l’hémisphère Nord !

La comète C/2020 F8 (SWAN), récemment découverte, est depuis quelques jours observable à l’œil nu et développe une magnifique queue ionisée révélée par cette superbe image de Gerald Rhemann, prise depuis la Namibie. Crédit : Gerald Rhemann,
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Fin décembre 2019, le programme ATLAS (Asteroidal Terrestrial-impact Last Alert System) découvrait deux comètes : C/2019 Y1 (ATLAS) (découverte le 16/12) et C/2019 Y4 (ATLAS) (découverte le 29/12). Deux comètes, mais un même destin : la fragmentation. La fragmentation de la première (alors facilement accessible aux jumelles) est passée relativement inaperçue, éclipsée notamment par son homonyme, qui était promise par certains au titre de “comète de la décennie”. Mais comme souvent, la comète C/2019 Y4 (ATLAS), que les plus optimistes imaginaient devenir plus brillante que Vénus (visible en ce moment dans le ciel du soir), a déjoué les pronostics. Mi-avril, les doutes n’étaient plus permis : le noyau de la comète s’est fragmenté en plusieurs morceaux. Un phénomène qui n’est pas exceptionnel, qui a été immortalisé par Hubble, mais qui mettait fin aux espoirs des plus optimistes.

Le télescope spatial Hubble, alors en train de fêter ses 30 années de bons et loyaux services, a immortalisé la fragmentation du noyau de la comète C/2019 Y4 (ATLAS) en avril. Crédit : NASA/HST

C’était sans compter sur les surprises de la nature. Car juste avant que C/2019 Y4 (ATLAS) ne se fragmente, une comète venait d’être découverte avec l’instrument SWAN ( Solar Wind ANisotropy ) du satellite SOHO (Solar and Heliospheric Observatory) : C/2020 F8 (SWAN) n’a tout d’abord pas défrayé les chroniques. Jusqu’à ce que les astronomes se rendent compte que sa courbe de luminosité montait plus rapidement qu’initialement prévu, et qu’elle pourrait même être visible à l’œil nu… Ce qui fut réalisé à partir de fin avril. Depuis, la comète continue d’être de plus en plus brillante, et cette tendance devrait perdurer jusqu’à ce qu’elle passe au plus près de la Terre, le 12 mai, puis du Soleil, le 27 mai. Sauf surprise, la luminosité de la belle chevelue ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin !

Trajectoire apparente de la comète C/2020 F8 (SWAN) depuis nos latitudes. La comète devrait être observable à partir du 11 mai, mais ne montera pas très haut dans le ciel. Horizon Nord-Nord-Est dégagé et dépourvu de pollution lumineuse indispensables pour espérer tirer le meilleur de cette visiteuse venue des confins du Système solaire. Crédit : Guillaume Cannat/Le Guide du Ciel 2019-2020

Et autre bonne nouvelle : la comète, pour l’instant réservée aux astronomes de l’hémisphère Sud, devrait être observable sous nos latitudes à partir du 11 mai ! Mais les conditions ne seront pas forcément évidentes, car elle ne s’éloignera jamais réellement de l’horizon. Il faudra donc la chercher au-dessus de l’horizon Nord-Est, avant le lever du Soleil, à partir de cette date. Elle fera son apparition alors qu’elle sera dans la constellation des Poissons, qu’elle quittera le 15/05 pour le Triangle, puis Persée à partir du 19/05. Un horizon Nord dégagé sera donc indispensable pour essayer d’observer et photographier cette comète qui atteindra son maximum de luminosité aux alentours du 21 mai. Et une paire de jumelles pourront aider pour distinguer des détails, voire la queue de cet objet qui pourrait apparaître à l’œil nu comme une boule floue légèrement allongée.

A ne manquer sous aucun prétexte ! Même si C/2020 F8 (SWAN) ne devrait pas devenir la comète de la décennie et encore moins la comète du siècle, une comète visible à l’œil nu est un spectacle suffisamment rare pour ne pas bouder son plaisir !


Si vous souhaitez observer cette comète, ainsi que C/2017 T2 (PanSTARRS) accessible dans de petits instruments, la planète Vénus (le soir), la Lune (si présente), Jupiter, Saturne et Mars (le matin), les merveilles du ciel de printemps et d’été (galaxies, nébuleuses, amas d’étoiles) ou découvrir les étoiles et les constellations, n’hésitez pas à réserver une soirée d’observation auprès du Comptoir des Étoiles ! Si vous voulez être alerté des événements astronomiques, les alertes astronomiques sont là pour vous ! Et si vous avez des questions, n’hésitez pas non plus à nous les poser !

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